Introduction

Les Badwe’e sont les descendants de Edwe’e, qui était le fils de Kɔɔ et d’Ampi’i. Kɔɔ était le fils de Zime. Les frères ainés d’Edwe’e s’appelaient Njeme, le premier-né, et Nzime, qui portait le nom de son grand-père. Les descendants des trois frères étaient aussi connus sous le terme «dyɛɛ mo Kɔɔ, mwan mo Zime»: «le clan de Kɔɔ, fils de Zime», en abrégé, «Kɔɔ-Zime». (Au dialecte Nzime, c’est «Kɔɔ-Nzime»).

Le parler des Badwe’e est connu sous les termes «kɔɔzime» où bien «badwe’e», alors que le parler des Nzime est «kɔɔnzime» ou simplement «nzime».

Les Badwe’e se trouvent dans le sud-est de Cameroun dans les unités administratives de Messamena, Somalomo et Mindourou, alors que les Nzime se trouvent dans les unités administratives de Lomié et Messok.

Les Badwe’e habitent en forêt dense dans cette région du Cameroun. Population de 55.000 personnes, leur densité nʼatteint que trois habitants au kilomètre carré. Cela ne leur permet pas un développement maximal de leur milieu. De plus, les terres sont argileuses et peu fertiles.

Ils vivent en petits hameaux, isolés les uns des autres, le long des pistes. Il y a peu de circulation sur ces pistes, périodiquement coupées. De ce fait, les Badwe’e ont la réputation dʼêtre « enclavés ». Ils tirent pourtant le maximum de cette situation contraignante. Nʼayant pas la possibilité de participer aux marchés des villes, ils se contentent de vivre de leurs propres ressources, chacun se chargeant de cultiver ce dont il a besoin pour son foyer. Ils exploitent le cacao pour pouvoir payer les impôts, les livres scolaires et les produits de première nécessité comme le sucre, le savon, le pétrole, les habits et les tôles.

Les petits hameaux sont composés en majorité par les membres dʼun même clan (à lʼexception des femmes qui viennent des autres villages). Le nombre de foyers dans un hameau de taille moyenne ne dépasse pas la vingtaine. Les maisons sont rangées des deux côtés de la route avec les cours ouvrant sur la route. La maison-type comporte deux cases de taille moyenne : lʼune pour les chambres à coucher et lʼautre, à côté, pour la cuisine. La case servant de cuisine est de dimensions réduites par rapport à lʼautre, mais cʼest là que la femme et les enfants passent la plus grande partie de la journée. Quelquefois on trouve de rares villages dʼun kilomètre ou plus de long. Dans ceux-ci on peut trouver les cuisines rangées derrière les maisons.

La forêt étant très vaste par rapport aux besoins de la population, il nʼest pas question de contester le terrain. Il nʼest pas question non plus dʼétablir un droit de propriété sur les terrains cultivés. Ce manque dʼattachement à un terrain donné sʼexplique par le fait que les terres ne supportent pas dʼêtre cultivées pendant plus de deux années consécutives. Il faut ensuite les laisser en jachère pendant dix ans ou plus afin que les arbres y repoussent et grandissent. Pendant ce temps, le paysan abat les arbres ailleurs et y cultive son champ, ce qui représente pour lui un travail considérable.